À l’attention de nos amis juifs du groupe interreligieux,
À l’attention des fidèles juifs du Doubs,
Chers amis,
Il est des fêtes qui ne se contentent pas d’être célébrées : elles se racontent, se transmettent, et continuent de vivre à travers celles et ceux qui les portent.
Pessa’h est de celles-là. Autour de la table du Seder, le récit de la sortie d’Égypte ne demeure pas un souvenir figé ; il devient une parole vivante, interrogée, transmise, parfois redécouverte à travers les questions des enfants.
Cette manière de faire mémoire, en la liant à la parole et à la transmission, donne à cette fête une profondeur singulière. Elle rappelle que la liberté ne se réduit pas à un événement du passé, mais qu’elle engage, à chaque génération, une conscience et une responsabilité.
Dans la tradition musulmane, le rappel et la méditation des récits occupent une place essentielle : il ne s’agit pas seulement de connaître une histoire, mais d’en tirer une orientation pour le présent.
À ce titre, la mémoire de la sortie d’Égypte porte une interpellation qui dépasse le temps : ne pas s’habituer à l’injustice, ne pas banaliser l’oppression, et ne jamais considérer la dignité humaine comme acquise.
Elle rappelle également que toute libération ouvre une exigence : celle d’assumer ce qui est confié, de porter une responsabilité, et de transmettre à son tour une parole fidèle.
Dans un temps où l’oubli fragilise les repères et où les tensions brouillent les consciences, cette fidélité à une mémoire vivante apparaît comme une ressource précieuse, capable d’éclairer les engagements et de nourrir une vigilance éthique.
Nous espérons que ces jours de Pessa’h seront pour vous des moments de profondeur, de transmission et de présence partagée.
Et nous souhaitons, ici, continuer à faire vivre des relations sincères, attentives et durables, fondées sur le respect et la confiance.
Avec nos pensées respectueuses,
Conseil Départemental du Culte Musulman du Doubs
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